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Entretien avec Philippe Daussin – Le secret de mon frère

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Entretien avec Philippe Daussin – Le secret de mon frère

Publié le 13 mars 2024 à 14:26:22

1. Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Philippe Daussin et je suis auteur pour la jeunesse depuis 1999. J’ai commencé à écrire à l’occasion d’un concours littéraire organisé par les éditions La Cause, alors que j’étais encore informaticien. Maintenant je ne travaille plus. Je suis marié et nous avons trois enfants. Mon épouse s’appelle Halina et est polonaise.

2. Pourquoi avoir écrit un roman pour les adolescents ?

J’en ai parlé avec ma femme et elle m’a répondu que c’était probablement parce que j’étais moi-même resté un ado. En y réfléchissant, elle n’a pas tout à fait tort et on pourrait dire que je suis un adulescent. J’ai tenté une fois d’écrire pour les adultes avec le livre Indina (éditions La Cause) et ce fut un peu un loupé car on m’a dit : « on dirait un jeune qui écrit pour des adultes ». Je me cantonne donc à m’adresser aux adolescents, et quand on écrit pour eux, la frontière entre l’enfance et le monde des adultes est très ténue. Je peux donc écrire comme je le sens, et je me sens très à l’aise.

3. Pouvez-vous rapidement résumer Le secret de mon frère ?

Je vais d’abord vous raconter la genèse du livre. Les éditions La Cause m’avaient demandé d’écrire la suite de mon premier roman qui avait été primé Gauthier, corsaire au service de Sa Majesté. Je me penchais donc sur la suite et, une nuit, j’ai rêvé de deux frères dont un qui n’allait pas très bien et le grand frère protégeait ce petit frère avec qui il avait vraiment une amitié fraternelle. Quand on rêve, on ressent les choses et c’est difficile de l’exprimer en mots. Quand je suis descendu le matin, j’ai dit à ma femme que je n’écrirai pas la suite de Gauthier, mais que je savais quelle histoire je voulais raconter. Or, notre fille qui était au collège avait un ami qui s’appelait Michaël, dont le petit frère est autiste. Ces deux frères faisaient du vélo ensemble et avec eux j’ai ressenti la même chose que dans mon rêve. Ça m’a conforté dans l’idée de faire cette histoire.

Je voulais écrire un livre avec des valeurs chrétiennes et je me suis dit que c’était une bonne idée de mettre en scène une bande de copains qui partent à la recherche de Dieu. Ils essayeraient aussi de répondre à la question : est-ce que Dieu peut sauver ce petit frère ?

4. Vous êtes-vous inspiré de l’actualité du harcèlement scolaire ?

Pas du tout. C’est vrai que le harcèlement scolaire a été beaucoup médiatisé ces derniers temps avec des élèves qui se sont suicidés, mais le harcèlement scolaire existe depuis longtemps. J’ai plus de soixante ans et je l’ai moi-même connu à l’école. Il pouvait porter sur la tenue vestimentaire, ou sur la sexualité. À mon époque c’était aussi des moqueries quand on n’avait plus de papa et que notre mère nous élevait seule, mais ce n’était quand même pas comme maintenant. Et puis des « brutes épaisses » au collège, il y en a toujours eu et malheureusement il y en aura toujours.

5. En quoi est-il nécessaire d’aborder la question de la santé mentale ?

Je ne sais pas si c’est un sujet important mais la santé mentale est une réalité bien présente, ça fait partie de la vie. J’aime bien aborder tous les sujets dans mes romans, je ne m’en interdis aucun. En plus, j’ai lu un très beau livre sur le sujet, quand je me suis documenté avant la rédaction, intitulé Des enfants au regard de pierre qui explique comment sont les enfants autistes. Il y a aussi un autre livre dans lequel il y a un enfant qui s’appelle Daniel dont je me suis inspiré pour Nicolas, notamment pour la situation traumatisante qu’il a vécue. Malheureusement Daniel ne s’est jamais retrouvé, si vous avez lu Le secret de mon frère vous voyez ce que je veux dire.

6. Dans Le Secret de mon frère, on suit une bande de copains qui partent à la recherche de Dieu. Aurore, la médecin qui suit Nicolas, est déjà chrétienne. Mathilde, Romain, Julien et Nicolas trouvent (ou pas) chacun Dieu à sa manière. Pourquoi avoir choisi de présenter différentes formes de conversions ?

Je pense que chacun a sa manière de découvrir Dieu. On entend des fois des personnes pour qui la conversion a été soudaine, comme une douche froide, ou qui ont vu Dieu, etc. Quand je me suis converti, c’était très linéaire et la conversion profonde est venue petit à petit. Avec ma femme on s’est converti en avril/mai. En septembre, quand la dame qui s’occupe du matériel à mon travail est venue me voir pour me demander ce qu’il me fallait – on commandait toujours plus car chacun se servait pour les fournitures scolaires de la rentrée –, je lui ai dit seulement ce qu’il me fallait, parce que j’avais pris conscience que, quelque part, demander plus que ce qu’il me fallait pour le travail était du vol aux yeux de Dieu.

Dans le livre, je donne aussi une part importante au baptême, que je vois comme un fleuve qu’on traverse pour rejoindre Jésus de l’autre côté. Ça ne résout pas tous les problèmes, mais on les voit et on les aborde d’une façon différente.

Tout cela simplement pour dire que la conversion et le baptême sont des passages obligés pour arriver à Dieu, mais que chacun à son propre passage à trouver. C’est ce que j’ai essayé de montrer avec chaque personnage dans le livre.

7. Quel est le personnage qui vous représente le plus ?

Ça, il faudrait demander à ma femme [rire]. Romain, lui, c’est le personnage qu’on aurait tous aimé être car il est fort et courageux, même s’il a aussi ses faiblesses. Mais je dirais que le personnage qui me représente le plus c’est Julien. Enfant, j’ai aussi pu être le souffre-douleur d’autres.