Un livre est paru aux États-Unis en 2006, avec le titre Confessions of a Reformissional Rev. Dans ce livre Mark Driscoll fait le récit de ses expériences personnelles dans l’univers de l’Église émergente. Voici son analyse des différences entre une Église évangélique contemporaine et une Église émergente dans le contexte américain. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir dans quelle mesure cette analyse vaut pour la France !

Vous pouvez m’aider en répondant aux deux questions suivantes :

  1. Est-ce que sa description de l’Église évangélique classique vous paraît juste par rapport à la France ?
  2. Est-ce que sa description de l’Église émergente vous paraît souhaitable pour la France ?

Les Églises évangéliques classiques contemporaines sont illustrées par Driscoll de la façon suivante :

  1. La mission est vécue par l’envoi de missionnaires et de finances vers les pays étrangers par le biais de son union d’Églises.
  2. La culture est perçue comme un domaine où l’Église cherche à retrouver sa position d’influence perdue.
  3. La culture dans laquelle on évangélise est surtout la culture moderne, mais celle-ci est en train de devenir postmoderne.
  4. La théologie est conservatrice et se construit à partir d’un présupposé moderne (rationaliste) concernant la vérité et la connaissance.
  5. Les Églises existent pour répondre aux besoins ressentis de consommateurs spirituels.
  6. Les Églises grandissent grâce au marketing qui attire des personnes à des réunions.
  7. La communauté de l’Église locale est une sous-culture dans laquelle on se sent en sécurité et qui accueille ceux que la Bible désigne comme perdus au sein de l’Église.
  8. Les pasteurs n’ont pas besoin de formation théologique académique ni de consécration pastorale officielle.
  9. Les pasteurs sont des PDG qui conduisent et gèrent leurs employés, lesquels sont responsables du ministère de l’Église.
  10. Ceux que la Bible désigne comme perdus sont invités à des réunions d’évangélisation qui ciblent les personnes en recherche spirituelle.
  11. La foi est une affaire privée et personnelle mais on s’ouvre aux autres dans le cadre de l’Église.
  12. Les cultes se font dans le style des années 80 et 90 (guitares sèches, sketches etc.).
  13. Les salles de culte sont fonctionnelles (par exemple, pas de croix, pas de vitraux, pas d’icônes…) et les participants se comportent et s’habillent de façon informelle.

Les Églises émergentes sont illustrées par Driscoll de la façon suivante :

  1. La mission est vécue comme étant du ressort de chaque chrétien, missionnaire dans sa culture locale.
  2. L’Église reconnait qu’elle est marginale dans la culture, qu’elle n’a d’influence qu’en servant le bien commun.
  3. La culture dans laquelle on évangélise est postmoderne et pluraliste.
  4. La théologie couvre toute la gamme depuis l’orthodoxie des temps anciens jusqu’au libéralisme hétérodoxe, construite à partir du refus postmoderne de la possibilité de connaître la vérité.
  5. Les Églises sont composées de personnes aimant Jésus et voulant s’engager à suivre son appel missionnaire dans leur culture locale.
  6. Les Églises grandissent parce que les chrétiens présentent Jésus à ceux que la Bible désigne comme perdus à travers l’hospitalité dont ils font preuve.
  7. La communauté de l’Église locale est une contre-culture qui vit les valeurs du « Royaume de Dieu » par la grâce du Christ.
  8. Les pasteurs n’ont pas besoin de formation académique ni de consécration pastorale officielle mais ils sont formés dans l’Église locale.
  9. Les pasteurs sont des missiologues qui forment les chrétiens à être des missionnaires utiles.
  10. Ceux que la Bible désigne comme perdus sont sauvés par le Saint-Esprit au moment et de la manière qu’Il détermine.
  11. La foi est une affaire publique et inclut tous les domaines de la vie.
  12. Les cultes sont un panachage de styles anciens et de styles issus de la culture locale contemporaine.
  13. Les salles de culte sont sacrées … comme toute la création d’ailleurs.